Mis à jour en avril 2026.
En bref : un courriel qui capte l’attention, ça commence avant même qu’on l’ouvre. L’objet décide si on clique, la première ligne décide si on reste, pis le reste décide si on agit. Pas besoin d’être copywriter de métier : avec un objet curieux, un ton qui parle vrai, une seule idée par message pis un appel à l’action clair, tu fais lire ton monde au lieu de le perdre. Voici comment j’écris un courriel qui se rend jusqu’au bout, pis qui donne envie de répondre.
Pourquoi la plupart des courriels meurent à l’objet ?
Place-toi dans les souliers de ton lecteur. Y’a 47 courriels non lus dans sa boîte, y’est pressé, pis son pouce scrolle vite. Y voit ton objet pendant une demi-seconde. C’est là, dans cette demi-seconde, que tout se joue. Si l’objet l’accroche pas, le plus beau contenu du monde reste enterré pour toujours.
Le problème, c’est qu’on écrit des objets pour nous, pas pour le lecteur. « Infolettre Froggy, juin 2026 » : ça décrit, mais ça donne pas envie. Le lecteur s’en fout que ce soit ton infolettre de juin. Ce qu’il veut savoir, c’est : qu’est-ce que j’y gagne à ouvrir ça maintenant ?
Un bon objet, c’est une porte entrouverte. Il promet quelque chose ou il pique la curiosité, mais il dit jamais tout. « Le truc qu’on aurait aimé savoir avant d’ouvrir notre boutique » donne envie de cliquer pas mal plus que « Nos conseils d’affaires ». La différence, c’est l’humain contre le corporatif.

Comment écrire une première ligne qui retient ?
Mettons que ton objet a gagné le clic. Bravo. Mais le combat est pas fini. La première ligne, celle qui s’affiche en aperçu juste à côté de l’objet, c’est ta deuxième chance de retenir. Pis trop de monde la gaspille avec un « Bonjour, j’espère que vous allez bien ».
Ouvre fort. Une scène, une question, un constat qui pique. « Ce matin, un client m’a dit une affaire qui m’a fait repenser toute notre façon d’écrire des courriels. » Là, on veut savoir la suite. C’est le même réflexe qu’un bon film : on commence dans l’action, pas dans les explications.
Le truc, c’est d’écrire ta première ligne en pensant à une seule personne. Pas à ta liste, pas à ton audience : une personne, avec une face. Quand tu écris pour quelqu’un en particulier, ton ton devient naturel, pis c’est ce naturel-là qui retient. On reste pour les gens qui nous parlent comme du monde.
Quelle structure rend un courriel facile à lire ?
Personne lit un courriel comme un roman. On le scanne. Faque ta job, c’est de rendre le balayage agréable. Voici la structure en cinq temps que je suis à chaque fois, pour que même le lecteur pressé attrape l’essentiel.
- L’accroche. Une ou deux phrases qui plantent une scène ou posent une question. Le lecteur doit se reconnaître tout de suite.
- La promesse. En une phrase, dis ce que ce courriel va lui apporter. Il sait pourquoi il continue de lire.
- Le cœur. Une seule idée, développée simplement, avec des phrases courtes pis de l’air entre les paragraphes.
- La preuve ou l’exemple. Un cas concret, une mini-histoire, quelque chose de palpable qui rend l’idée réelle.
- L’appel à l’action. Un seul bouton, un seul geste demandé. Clair, gros, impossible à manquer.

Quel ton donne envie de lire jusqu’au bout ?
Le ton, c’est la voix de ta business. Pis la voix qui marche le mieux en courriel, c’est celle qu’on prendrait pour parler à un client en personne. Pas la voix de la brochure, pas la voix du communiqué : la vraie, celle du comptoir, avec sa chaleur pis ses imperfections.
Concrètement, ça veut dire tutoyer si ça te ressemble, faire des phrases courtes, pis te permettre une touche d’émotion. Un peu d’humour, un aveu honnête, une opinion assumée : tout ça humanise. On lit jusqu’au bout les gens qu’on a l’impression de connaître, pas les marques anonymes.
Attention au piège des anglicismes pis du jargon. « On va leverager notre funnel pour boost ton engagement » : personne veut lire ça. Garde ça simple, en bon français du Québec. Si ta mère comprendrait pas une phrase, réécris-la. La clarté, c’est le plus grand respect que tu peux offrir à ton lecteur.
Comment choisir le bon mot pour ton appel à l’action ?
L’appel à l’action, c’est le moment de vérité. Tout ton courriel menait à ça. Pis pourtant, c’est souvent là qu’on se ramollit avec des « cliquez ici » ou des « en savoir plus » tièdes. Le mot que tu choisis change le nombre de clics.
Voici un petit tableau des verbes que j’utilise selon l’objectif du courriel. Remarque comme chacun parle au bénéfice du lecteur, pas à ce que toi tu veux.
| Objectif du courriel | Appel à l’action faible | Appel à l’action fort |
|---|---|---|
| Faire réserver | En savoir plus | Réserve ta place |
| Faire lire un article | Cliquez ici | Découvre le truc |
| Faire répondre | Contactez-nous | Réponds-moi, je lis tout |
| Faire acheter | Acheter | Profites-en avant vendredi |
Tu vois la nuance ? Le bon appel à l’action dit au lecteur ce qu’il va vivre, pas juste ce qu’il va faire. Pis il y en a un seul par courriel. Un message, un geste : c’est la règle qui sauve le plus de conversions.

Un exemple concret : le fleuriste de Magog
Prenons un fleuriste de Magog qui m’écrivait des courriels qui ressemblaient à des catalogues : « Découvrez notre nouvelle collection printanière. Profitez de nos arrangements floraux. » Plate à mourir, pis ses ouvertures plafonnaient. On a tout réécrit avec une seule règle : parler comme une personne qui aime vraiment les fleurs.
Le courriel suivant ouvrait comme ça : « Hier, une dame est entrée en larmes. Son père venait de partir, pis elle savait pas quoi commander. On a jasé dix minutes, pis on a fait un bouquet ensemble. C’est pour ces moments-là qu’on fait ce métier. » Pis l’appel à l’action : « Viens nous voir, on prend le temps. »
Même boutique, même fleurs, mais cette fois le courriel touchait. Les clients ont commencé à répondre pour partager leurs propres histoires. Le fleuriste m’a dit qu’il avait jamais autant senti que ses courriels servaient à quelque chose. C’est ça, capter l’attention : arrêter de vendre une seconde pis commencer à parler vrai.
Comment garder ta voix quand tu utilises des outils d’écriture ?
Aujourd’hui, plein d’outils peuvent t’aider à dégrossir un brouillon de courriel. C’est correct, pis ça fait gagner du temps. Mais le piège, c’est de laisser l’outil parler à ta place pis de te retrouver avec un texte lisse, parfait, pis complètement sans âme. Ton lecteur sent ça à dix milles.
Mon approche : l’outil dégrossit, mais toi tu mets ta voix par-dessus. Tu rajoutes le détail vrai, le « pis », le « mettons », la petite histoire qui t’est arrivée pour vrai. Tu restes l’auteur de ta business, point. La technologie t’aide à écrire plus vite, mais c’est ta personnalité qui fait qu’on te lit jusqu’au bout.
Pis souviens-toi : le meilleur courriel, c’est pas le plus parfait, c’est le plus humain. Une coquille pardonnable, un ton qui dérape un peu vers la chaleur, une opinion qui te ressemble : c’est ça qui crée le lien. Vise pas la perfection de la machine. Vise la sincérité de la personne. C’est ce qui transforme une boîte de réception remplie de bruit en une vraie conversation.
Foire aux questions
Quel est le secret d’un objet de courriel qui se fait ouvrir ?
La curiosité ou l’utilité immédiate, jamais le bla-bla. Un bon objet pose une question, promet un bénéfice clair ou crée un petit mystère. « Ouvre avant vendredi » bat « Notre infolettre de juin » à tout coup. Garde-le court, pense téléphone : si ça déborde sur l’écran, personne le lit au complet.
Combien de mots devrait faire un courriel marketing ?
Juste assez pour dire une affaire, pas une de plus. La plupart de mes clients visent entre 120 et 250 mots dans le corps. Le but, c’est qu’on lise en diagonale pis qu’on comprenne en dix secondes. Si t’as beaucoup à dire, mets un lien vers ton site plutôt que de tout caser dans le courriel.
Faut-il toujours mettre un seul appel à l’action ?
Oui, presque toujours. Un courriel avec un seul bouton clair convertit mieux qu’un qui en propose cinq. Quand tu donnes trop de choix, le lecteur fige pis ferme l’onglet. Décide ce que tu veux qu’il fasse, pis dirige tout vers cette action-là. Un message, un geste.
Comment éviter que mon courriel sonne comme une pub ?
Écris comme tu parles. Imagine que tu jases avec un client au comptoir, pas que tu présentes devant un jury. Le tutoiement, les phrases courtes, une vraie histoire en ouverture : c’est ça qui désarme la méfiance. Un courriel qui sent l’humain se lit ; un courriel qui sent l’agence se supprime.
C’est quoi du contenu dynamique dans un courriel ?
Le contenu dynamique, c’est un courriel qui change son contenu selon la personne qui le reçoit. Un même envoi peut montrer un produit différent, une image différente ou une offre différente d’un abonné à l’autre, selon ce qu’on sait de lui. Tu écris un seul courriel, mais chaque personne reçoit la version qui la concerne. C’est ce qui fait qu’un envoi de masse arrête de ressembler à un envoi de masse.
Comment écrire un objet de courriel qui donne envie d’ouvrir ?
Un bon objet, c’est court, clair pis honnête : on doit comprendre en un coup d’œil ce qu’on va trouver en ouvrant. Pose une question, promets un bénéfice concret ou pique la curiosité, mais ne mens jamais sur le contenu, sinon tu brûles la confiance. Évite les majuscules criardes pis les points d’exclamation en rafale : ça sonne pourriel pis ça nuit à ta réputation d’expéditeur.
À propos de l’autrice

Valérie Payotte est cofondatrice et directrice créative de Froggy-Net, une agence de marketing numérique des Laurentides. Enseignante depuis 2000, dans le marketing web depuis 2009 (17 ans de terrain), deux certificats de HEC Montréal, pis plus de 1 000 heures de recherche et développement en IA générative depuis 2024. Elle écrit depuis Sainte-Anne-des-Lacs. Suis-la sur LinkedIn et YouTube.
Pour aller plus loin, commence par notre guide complet du marketing par courriel. Ensuite, explore l’email marketing à l’ère de l’IA, les coulisses d’une infolettre Mailchimp, la personnalisation de tes campagnes, pourquoi les listes d’email achetées sont toxiques, la magie du design des courriels pis pourquoi l’email marketing est loin d’être mort.
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