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Comment réseauter sur LinkedIn quand on est au Québec (les codes d’ici)

En bref. Réseauter sur LinkedIn au Québec, ça se joue sur des codes bien à nous. Écris en français, tutoie (sauf exception), nomme ta région, oublie le ton conquérant à l’américaine pis le vouvoiement à la française. Ici, la vantardise ferme les portes pis l’humilité les ouvre. Notre marché est petit : tout le monde connaît tout le monde à deux degrés, ce qui veut dire que ta réputation te précède partout. Réseaute comme si tu allais recroiser chaque personne au Tim Hortons dans trois semaines, parce que ça va arriver.

Un notaire de Trois-Rivières m’a appelée après avoir copié, mot pour mot, une méthode de réseautage LinkedIn qu’il avait apprise dans une formation en ligne américaine. Messages en anglais traduits, vouvoiement, ton de champion, phrases du genre « je transforme les entreprises ». Il avait 12 % de taux d’acceptation. Douze.

On a changé une seule chose : il s’est mis à écrire comme il parle. « Salut, je suis notaire à Trois-Rivières, je fais beaucoup de transferts d’entreprises familiales. J’ai vu qu’on connaît tous les deux le monde de la Chambre de commerce. Au plaisir de se croiser. » Son taux a plus que doublé en trois semaines. Pas un miracle. Juste du monde d’ici qui se parle comme du monde d’ici.

Comment réseauter sur LinkedIn quand on est au Québec ?

Tu réseautes en assumant que le Québec est un village. Tu écris en français, tu tutoies dès que le contexte le permet, tu nommes ta région pis tes ancrages locaux, pis tu bâtis une réputation avant de bâtir un pipeline. Les méthodes importées des États-Unis, avec leur ton de conquête pis leur volume, se cassent le nez ici. Notre marché récompense la constance tranquille, pas l’agressivité.

La différence est réelle, pis elle est mesurable dans les taux d’acceptation de mes clients. Un message qui commence par « Bonjour, je me permets de vous contacter » se fait ignorer. Un message qui commence par « Salut, on a un contact en commun à la Chambre de commerce de la Mauricie » se fait accepter. Ce n’est pas une question de politesse. C’est une question d’appartenance.

Le deuxième principe, c’est la lenteur assumée. Le monde d’ici se méfie de celui qui va trop vite. Un vendeur pressé, au Québec, ça déclenche un réflexe de recul immédiat. Prends le temps de commenter, de féliciter, d’être là. Ça paraît inefficace. C’est exactement ce qui fonctionne.

Le troisième principe, celui que personne t’écrit nulle part : ici, la réputation circule vite pis longtemps. Deux degrés de séparation, maximum, entre à peu près n’importe quels deux entrepreneurs québécois d’un même secteur. Si tu spammes, ça se sait. Si tu es correct, ça se sait aussi. Les deux voyagent à la même vitesse.

Entrepreneur québécois qui réseaute sur LinkedIn depuis son bureau

Français ou anglais : dans quelle langue écrire ?

En français, par défaut, si ta clientèle est québécoise. C’est la question qu’on me pose le plus souvent, pis la réponse est plus simple que le monde pense. Ton profil, tes publications pis tes messages en français te positionnent comme un joueur d’ici, avec les avantages qui viennent avec.

L’exception, c’est si tu vises aussi le reste du Canada ou les États-Unis. Dans ce cas, LinkedIn te permet d’avoir un profil en deux langues : la plateforme affiche automatiquement la version qui correspond à la langue du visiteur. C’est gratuit, pis presque personne l’utilise. Va dans les paramètres de ton profil, ajoute une langue, pis rédige la version anglaise.

Pour les publications, choisis. Un fil bilingue alterné, où un post sur deux change de langue, dilue ton audience pis embrouille l’algorithme. Si ton marché principal est le Québec, publie en français. Une publication anglaise de temps en temps pour une raison précise, ça se défend. Alterner sans logique, non.

Pis fais attention à la traduction directe. Un texte anglais traduit mot à mot sonne faux immédiatement à l’oreille d’un Québécois. « Je suis excité d’annoncer », « nous sommes ravis de partager », c’est de l’anglais déguisé. Écris comme tu parlerais à un client dans son entrée de garage, pis ça va sonner vrai.

Tutoiement ou vouvoiement sur LinkedIn au Québec ?

Le tutoiement, dans la grande majorité des cas. C’est notre norme dans le monde des affaires, pis le vouvoiement systématique crée une distance qui joue contre toi. Un « tu » bien placé, ici, ça veut dire « on est du même monde ». Un « vous » systématique, ça veut dire « je te vends quelque chose ».

SituationCe qui marche au QuébecCe qui coince
Premier contact avec un entrepreneur de PMETutoiement, ton directVouvoiement formel, formules de politesse longues
Premier contact avec un dirigeant de grande entrepriseVouvoiement au début, tutoiement dès qu’il tutoieTutoiement d’emblée
Contact dans le milieu juridique, médical ou institutionnelVouvoiement, ton respectueuxFamiliarité trop rapide
Commentaire public sous une publicationTutoiement, comme dans la vraie vieTon corporatif, jargon
Message à quelqu’un de plus âgé que toiVouvoiement d’ouverture, tu suis son signalPrésumer
Contact hors Québec francophoneVouvoiementTutoiement d’emblée

La règle simple : suis le signal de l’autre. S’il te tutoie, tutoie. S’il te vouvoie, vouvoie jusqu’à ce qu’il change de registre. Pis dans le doute, avec un entrepreneur de PME québécoise, le tutoiement passe presque toujours mieux que le vouvoiement.

Le notaire de Trois-Rivières a gardé le vouvoiement pour ses contacts institutionnels pis il tutoie les entrepreneurs. Il m’a dit que ça lui avait pris deux semaines à être à l’aise avec ça. Aujourd’hui, il dit que c’est le changement qui a le plus changé ses conversations.

Comment nommer son ancrage régional sans avoir l’air de se limiter ?

Tu le nommes clairement, pis tu le présentes comme une force plutôt qu’une frontière. « Notaire à Trois-Rivières, spécialisé dans les transferts d’entreprises familiales en Mauricie » attire les gens de la Mauricie, mais ça attire aussi ceux d’ailleurs qui cherchent quelqu’un qui connaît le terrain.

Beaucoup de monde a peur de se limiter en nommant sa région. C’est l’inverse qui se passe. Le flou attire personne. Quelqu’un de précis attire les gens qui ont ce besoin précis, pis le bouche à oreille se met à travailler pour lui parce qu’il est facile à référer. « Je connais un notaire à Trois-Rivières » se dit facilement. « Je connais un notaire » se dit pas.

Les ancrages qui fonctionnent : ta ville ou ta région, ta chambre de commerce, ton association sectorielle, ton alma mater québécoise, les organismes où tu t’impliques. Ce sont des points communs qui donnent une raison de te connecter à quelqu’un.

Carte du Québec et réseau de contacts d'affaires régionaux

Quelles techniques de réseautage fonctionnent vraiment ici ?

Six techniques, testées sur le terrain québécois, pis dans l’ordre où je les enseigne à mes clients.

  1. La suite d’événement dans les 48 heures. Chambre de commerce, congrès sectoriel, 5 à 7 d’affaires : invite tout le monde que t’as croisé, en nommant l’événement. C’est la technique au meilleur taux d’acceptation, toutes catégories.
  2. Le commentaire local. Commente les publications des entreprises de ta région, même celles qui te sont pas des clients. Ton nom entre dans le paysage local, pis ça se voit.
  3. La félicitation sincère. Quelqu’un annonce une expansion, une embauche, un prix. Écris-lui. Pas un « Félicitations ! » sec, deux phrases qui montrent que t’as lu.
  4. Le partage de ce que les autres font. Relaie le contenu d’un fournisseur ou d’un pair québécois, avec ton commentaire. Ici, celui qui met les autres en lumière se fait remettre la faveur, toujours.
  5. La question sans agenda. Écris à un pair pour lui demander comment il gère un défi que t’as aussi. Le monde d’ici répond à ça. Pis ça crée des alliances qui durent des années.
  6. Le café en personne. Le Québec reste une culture de face à face. Une relation LinkedIn qui débouche sur un vrai café dans ta région, c’est une relation qui devient solide pour de bon.

Ce qui manque à cette liste, tu l’as remarqué : aucune technique d’automatisation, aucune séquence de messages en masse. Pas parce que je suis vieux jeu. Parce que dans un marché où tout le monde se connaît, l’automatisation grille ta réputation plus vite qu’elle remplit ton pipeline.

Le notaire de Trois-Rivières fait maintenant les six, à raison de deux heures par semaine. Il a arrêté de compter ses invitations pis il a commencé à compter ses cafés. Sept en trois mois. Trois sont devenus des sources de références régulières.

Qu’est-ce qui insulte un Québécois sur LinkedIn ?

La vantardise. C’est le péché numéro un ici, pis c’est celui que les méthodes importées encouragent le plus. « J’ai généré des millions », « je suis un leader reconnu », « mes clients doublent leurs revenus ». Ça peut être vrai. Ça reste insupportable pour une oreille québécoise.

Le deuxième irritant, c’est le faux personnel. Le message qui commence par « Bonjour Marie, j’ai adoré ton parcours » alors que c’est visiblement un modèle envoyé à trois cents personnes. On le voit. Toujours. Pis on le retient.

Le troisième, c’est le mépris déguisé en pédagogie. Le post qui commence par « La plupart des entrepreneurs font cette erreur » pis qui prend le lecteur de haut. Écris comme si la personne en face était intelligente pis occupée, parce que c’est le cas.

Le quatrième irritant, c’est l’urgence fabriquée. « Il reste deux places », « offre valide jusqu’à minuit », « dernière chance ». Le monde d’ici a un détecteur redoutable pour ça, pis ça se retourne contre toi en une seconde. Si ton offre est bonne, elle a pas besoin d’un compte à rebours. Pis si elle en a besoin, c’est peut-être qu’elle est pas si bonne que ça.

Poignée de main entre deux gens d'affaires québécois

Combien de temps ça prend, bâtir une réputation ici ?

Des mois, pis c’est correct comme ça. Un an de présence constante sur LinkedIn au Québec te donne quelque chose qu’aucune campagne payante peut acheter : le réflexe. Le jour où quelqu’un cherche un notaire en Mauricie, ton nom sort tout seul dans une conversation.

Le rythme minimal que je conseille : une publication par semaine, trois commentaires par jour, deux heures de réseautage actif. C’est tenable pour un entrepreneur qui travaille déjà soixante heures. Tout ce qui dépasse ça, c’est du bonus.

Pis le signal que ça marche est toujours le même. Un jour, quelqu’un que t’as jamais rencontré t’écrit en disant « Untel m’a parlé de toi. » C’est là que ton réseau est devenu un actif. Pis ça, ça se construit une conversation à la fois.

Le cocon Réseaux sociaux, pour aller plus loin

Les codes d’ici, c’est la couche culturelle. La mécanique complète est dans le guide complet des réseaux sociaux. Pour la structure de ton réseau à long terme, va lire comment bâtir un réseau d’affaires québécois. Assure-toi aussi que ton profil parle la même langue que toi pis que ton nombre de relations tient la route. Pis pour accueillir tes nouveaux contacts sans tomber dans le spam, va voir le mot de bienvenue qui marche.

Tu veux qu’on relise tes messages d’approche ensemble pis qu’on enlève ce qui sonne importé ? Trente minutes en Café Zoom, sans frais ni engagement.

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