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Comment mesurer le retour sur investissement des réseaux sociaux

En bref. Pour mesurer le retour de tes réseaux sociaux, oublie les abonnés pis la portée. Additionne ce que ça te coûte pour vrai (gestion, publicité, tes propres heures), compte les demandes entrantes où le client a nommé les réseaux, applique ton taux de conversion pis ta valeur moyenne par client. Fais toujours ce calcul sur douze mois glissants. Sur un mois, le chiffre ment.

« Ça me rapporte quoi, ça, exactement ? »

La question est venue d’un client en rencontre, un peu sèchement, pis il avait parfaitement raison de la poser. Il investissait dans ses réseaux depuis huit mois. Il voulait un chiffre.

Je lui ai demandé trois affaires: combien vaut un client pour toi, en moyenne, sur toute la durée de la relation ? Sur dix demandes de soumission, combien deviennent des clients ? Pis: est-ce que tu demandes à ton monde d’où ils viennent ?

Il n’avait la réponse à aucune des trois.

Ce n’est pas un reproche. C’est le cas de presque toutes les PME que je rencontre. Pis c’est exactement pour ça que le retour sur investissement des réseaux sociaux a la réputation d’être impossible à mesurer. Ce n’est pas la mesure qui manque. C’est les trois chiffres de base.

Entrepreneur devant un tableau de chiffres et une calculatrice

Pourquoi le retour des réseaux sociaux est si dur à calculer ?

Parce que le délai entre le premier contact pis l’achat se compte en mois, pis que la vente se conclut ailleurs.

Quand tu paies une annonce dans les résultats de recherche pis que quelqu’un clique, achète, pis repart, le calcul est simple. Coût du clic, taux de conversion, valeur du panier. Tout se passe dans la même heure.

Les réseaux sociaux ne fonctionnent pas comme ça. Ton client voit ton contenu en février, il ne fait rien. Il le revoit en avril, il ne fait rien. En septembre, son problème arrive, pis il t’appelle. Il ne se souvient même pas d’où il te connaît.

Aucun outil au monde ne peut relier proprement cet appel de septembre à la publication de février. Ce n’est pas une limite de la technologie, c’est une limite de la mémoire humaine.

Donc oui, c’est plus dur à mesurer. Non, ce n’est pas impossible. Ça demande juste d’accepter une chose: la mesure va être approximative, pis une approximation honnête vaut infiniment mieux qu’une précision inventée.

C’est quoi, un vrai retour sur investissement ?

C’est de l’argent qui rentre, moins de l’argent qui sort. Rien d’autre.

Ça a l’air évident dit comme ça. Pourtant, la grande majorité des rapports de réseaux sociaux qui me passent sous les yeux ne contiennent aucun dollar. Ils contiennent des abonnés, des portées, des taux d’engagement, des graphiques qui montent.

Un graphique qui monte, ça ne paie pas un employé. Ça ne remplace pas une camionnette. Ça ne rembourse pas une marge de crédit.

La question à te poser à chaque rapport est brutalement simple: quelle ligne de ce document touche à un dollar ? Si la réponse est aucune, tu ne regardes pas un rapport de retour sur investissement. Tu regardes un rapport d’activité.

Les deux sont utiles. Ils ne répondent juste pas à la même question, pis il faut arrêter de faire passer l’un pour l’autre.

Quels chiffres devrais-tu suivre ?

Sept, pas plus. Pis trois d’entre eux ne sont dans aucune plateforme.

Ce que tu mesuresEst-ce que ça touche à l’argent ?Verdict
Nombre d’abonnésNonIndicateur de vanité. À ignorer.
Portée et impressionsNonContexte, pas résultat.
Clics vers ton siteIndirectementUtile. Le premier pont vers l’argent.
Demandes de soumissionOuiÀ suivre religieusement.
Appels et messages entrantsOuiLe chiffre le plus honnête que tu as.
Nouveaux clients qui te nomment les réseauxOuiLa donnée reine. Elle se demande à la main.
Valeur moyenne d’un clientOuiSans elle, aucun calcul de retour n’est possible.

Regarde les deux dernières lignes. Le nombre de clients qui nomment les réseaux, pis la valeur moyenne d’un client. Ce sont les deux données les plus importantes du tableau, pis aucune plateforme ne va te les donner.

Elles se collectent à la main. Une question à l’accueil, une ligne dans un document. C’est tout. Pis c’est le geste que presque personne ne fait, ce qui explique pourquoi presque personne n’est capable de mesurer son retour.

Chez nous, on collabore avec l’IA pour croiser ces données-là quand un client en accumule beaucoup, repérer les cycles saisonniers, comparer les périodes. Mais la collecte reste humaine. On ne peut pas automatiser une question qu’il faut poser à un être humain.

Comment calculer ce que te rapporte vraiment un client ?

En additionnant tout ce qu’il te coûte, pis tout ce qu’il te rapporte sur la durée.

L’erreur classique, c’est de comparer le coût du mois avec le revenu du mois. Ça ne marche pas, parce que le client que tu as gagné en juin va peut-être revenir en octobre, pis référer son beau-frère en janvier.

Voici la séquence complète:

  1. Additionne ton investissement réel du mois. Ce que tu paies en gestion, en publicité, plus tes propres heures évaluées à ton taux horaire. Oui, ton temps est un coût.
  2. Compte les demandes entrantes attribuables. Celles où le client a mentionné les réseaux. Pas d’estimation, juste ce qui a été dit.
  3. Calcule ton taux de conversion. Combien de ces demandes sont devenues des clients ? C’est ton chiffre à toi, personne d’autre ne l’a.
  4. Applique ta valeur moyenne par client. Ce qu’un client te rapporte en moyenne, sur sa durée de vie complète, pas juste sur la première facture.
  5. Fais la soustraction. Revenu attribuable moins investissement. Le résultat est ton retour du mois, et il sera souvent négatif les premiers mois. C’est normal.
  6. Refais le calcul sur douze mois glissants. C’est la seule échelle de temps qui a du sens, parce que ton client met des mois à décider.

L’étape 1 fait grincer des dents, pis c’est la plus importante. Si tu passes six heures par mois à gérer tes réseaux toi-même, ces six heures-là ont un coût. Elles ne sont pas gratuites juste parce qu’elles ne sortent pas de ton compte de banque.

Pis l’étape 4 est celle qui change tout. Bien du monde calcule la valeur d’un client sur sa première facture. Un client fidèle qui revient trois ans, ce n’est pas la même chose qu’une vente unique. Ton retour dépend directement de ce chiffre-là.

Calcul de rentabilité écrit à la main dans un carnet de gestion

Combien de temps avant de voir un retour ?

Plus longtemps que tu voudrais. Pis c’est structurel, pas de ta faute.

Les premiers mois, ton retour va être négatif. Tu investis, pis rien ne rentre. C’est déstabilisant, surtout quand tu es en train de payer.

Ce qui se passe, c’est que tu construis un actif. Chaque publication reste. Chaque personne qui te découvre reste dans ton audience. Le contenu que tu publies aujourd’hui va être vu par du monde qui ne te connaît pas encore, dans six mois.

C’est l’inverse de la publicité payante, qui arrête de produire à la seconde où tu fermes le robinet. Les réseaux organiques, c’est lent à démarrer pis ça continue de rouler.

Concrètement: ne juge jamais ton retour sur trois mois. Tu vas conclure que ça ne marche pas au moment exact où ça commence à travailler. J’ai vu des entreprises abandonner à sept mois. C’est la pire décision possible, pis elle est toujours prise avec les meilleures intentions.

Ça donne quoi pour un fabricant de portes et fenêtres de Granby ?

Un fabricant qu’on connaît a commencé exactement là: aucun des trois chiffres de base.

La première affaire qu’on a mise en place, ce n’est pas du contenu. C’est une question, ajoutée au formulaire de soumission: « Comment avez-vous entendu parler de nous ? », avec des choix simples.

La deuxième, c’est un document de trois colonnes: date, source déclarée, valeur du contrat si ça se conclut. Tenu par la réceptionniste. Trente secondes par demande.

Après quelques mois, il a pu répondre à sa propre question. Pas avec une estimation, avec ses vraies données à lui. Il a vu quel canal amenait les demandes les plus grosses, pis lequel amenait du volume qui ne convertissait pas.

Le contenu n’a pas changé grand-chose la première année. Ce qui a changé, c’est qu’il a arrêté de deviner. Pis quand tu arrêtes de deviner, tu arrêtes aussi d’avoir peur de ton propre budget.

Que faire quand les chiffres ne sont pas beaux ?

Les regarder pareil. C’est là que la vraie information se trouve.

Un retour décevant, ça ne veut pas dire que les réseaux sociaux ne marchent pas. Ça veut dire qu’une des pièces du système ne fait pas sa job, pis maintenant tu peux la trouver.

Peu de demandes entrantes ? Le problème est en amont: ton contenu ne rejoint pas assez de monde, ou il ne parle pas des bons sujets. Beaucoup de demandes qui ne convertissent pas ? Le problème est en aval: ta soumission, ton suivi, ton prix, ta rapidité de réponse.

Ce diagnostic-là est impossible sans les chiffres. C’est pour ça qu’un mauvais résultat mesuré vaut mille fois mieux qu’un bon résultat imaginé.

Pis je vais être franche: parfois, la conclusion honnête, c’est que les réseaux ne sont pas le meilleur canal pour ce métier-là, dans ce marché-là, cette année-là. C’est une réponse valide. Je préfère la dire que de faire semblant.

Comment présenter ton retour sans te mentir ?

En séparant clairement ce que tu sais de ce que tu supposes.

Dans nos rapports, on met les chiffres attribuables d’un bord, pis les indicateurs de contexte de l’autre. On ne mélange jamais les deux. Le client sait toujours ce qui est solide pis ce qui est une tendance.

On ne gonfle pas les nombres. On ne présente pas une portée comme si c’était des clients potentiels. On ne transforme pas une bonne semaine en preuve de stratégie.

Ça donne des rapports moins impressionnants. Ça donne aussi des clients qui savent exactement où ils s’en vont, pis qui restent des années.

Le retour sur investissement, ce n’est pas un chiffre à faire briller. C’est un outil de décision. La journée où tu le traites comme un outil pis pas comme un trophée, tu commences à prendre de meilleures décisions.

Une dernière chose, pis c’est peut-être la plus importante de tout l’article. Ton retour sur investissement ne se compare pas à celui du voisin. Il se compare à toi, l’an passé. Ton marché, ton métier, ta valeur par client, ton cycle de vente: personne d’autre n’a exactement la même équation. Le jour où tu arrêtes de chercher une moyenne d’industrie pis que tu commences à suivre ta propre courbe, tes décisions deviennent pas mal plus solides.

Pis quand ta courbe monte, même lentement, tu sais exactement pourquoi. C’est ça, mesurer pour vrai.

Rapport de performance imprimé sur une table de réunion

Le cocon Réseaux sociaux, pour aller plus loin

Cet article fait partie d’un ensemble. Pour la vue d’ensemble, commence par le guide central: Stratégie réseaux sociaux pour entreprise.

Tu veux qu’on mette en place tes trois chiffres de base pis qu’on regarde ton vrai retour ? On se parle trente minutes, sans frais ni engagement.

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